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Ecole de référence pour la formation d'ingénieurs en génie industriel

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Le volontarisme et l’implication d’un industriel fondateur : Jean Vaujany

Mis à jour le 5 novembre 2010
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Président Directeur Général de Merlin Gerin, Jean Vaujany a été moteur dans la création de l’école génie industriel. Il revient sur les motivations du milieu industriel lors de ce discours face aux journalistes en septembre 1991

« Je suis le parrain de la première promotion de l'ENSGI [...] et nous sommes reçus par une nouvelle Ecole, une jeune Ecole : l'ENSGI. Il nous est apparu nécessaire, avant de situer le génie industriel dans la stratégie d'un grand Groupe International [...] et utile de vous dire quelques mots des intentions des fondateurs et des spécificités de cette Ecole. Intention des fondateurs [legende-image]1277815252564[/legende-image]Une innovation en matière de formation résulte souvent de la convergence de besoins, d'idées, de rapprochement "emplois-ressources", exprimés par différentes personnes en attitude de recherche et d'ouverture sur leur environnement. C'est un phénomène de cette nature qui a conduit à la création de l'Ecole Nationale Supérieure de Génie Industriel. Monsieur le Recteur Frémont, actuellement Directeur au Ministère de l'Education Nationale, Monsieur le Président Lespinard (ndr : Président de l'INPG), conscients des interférences de plus en plus importantes entre marketing, stratégie, technique, économie et social ; souhaitaient faire évoluer les programmes d'enseignement de l'INPG dans les limites (même en les élargissant) des contraintes diverses de l'Education Nationale. Encore fallait-il être certain :
  • qu'une clientèle existait au double sens de l'employeur-utilisateur et des étudiants passionnés par de nouveaux volets de formation,
  • que des formateurs pourraient être trouvés pour faire face à ces besoins.
Plusieurs entreprises cherchaient à faire évoluer leur technique de management, constataient qu'il était trop long de compléter la formation classique des ingénieurs (au sens large du terme) à l'intérieur d'un groupe industriel.
  • soit on procédait à des affectations en « zig-zag » pendant une douzaine d'années pour permettre aux ingénieurs, au- delà d'une formation théorique, d'acquérir une pratique marketing, stratégique, techniques, économique et sociale ;
  • soir on procédait à une formation complémentaire massive dans chacun de ces domaines, en générale ignorés des Ecoles d'Ingénieurs, et l'on allait  vers du superficiel, voire au-delà vers de la technocratie
Il fallait profondément modifier notre système de détection et de formation d'ingénieurs considérés comme des managers potentiels. A Grenoble, l'Université des Sciences Sociales avait conduit avec différentes sociétés, Merlin Gerin en particulier, des expériences intéressantes et était considéré comme disposant d'un for potentiel d'intégration dans la vie économique. Donc convergence d'idées, puis travaux en commun avec la volonté de construire quelque chose de nouveau et d'utile dans un court délai et, en conséquence, d'éliminer tous les obstacles susceptibles de retarder, voire de faire disparaître notre projet. Nous étions, en particulier, prêts à démarrer de façon imparfaite, puis à faire évoluer en direction de l'idéal plutôt que de « fignoler » et d'attendre Ainsi est née l'Ecole Nationale de Génie Industriel. Les spécificités de l'école: Marketing, stratégie, économie   Tout ceci est maintenant banal dans l'esprit des dirigeants. Encore gagnerions-nous beaucoup de temps en vulgarisant ces concepts dans les écoles d'ingénieurs. Qui peut en effet aujourd'hui prétendre réussir :
  • sans se préoccuper des besoins (et de leur évolution) des clients et types de clientèle en fonction des "marchés" et des nationalités ?
  • sans se préoccuper du milieu concurrentiel sur une marché déterminé ou/et un segment d'activité déterminé ?
  • sans se préoccuper des forces et faiblesses relatives et intrinsèques
  • sans se préoccuper des sous-stratégies générales ?
Qui, aujourd'hui, oserait se placer dans une impasse économique ou financière en privilégiant la technique, les investissements, la commercialisation, etc. ? IL faut penser global, donc savoir, et pour savoir, il faut apprendre et s'imprégner des connaissances aptes à générer les « bons réflexes » et les bonnes orientations. Le social Lorsque l'on parle de social, il ya immédiatement une connotation particulière touchant à l'organisation administrative du travail, en liaison avec les organisations syndicales, aux conflits éventuels, aux relations classiques de Chefs à subordonnés, etc. Lorsque je parle de social, je  fais davantage allusion à la gestion des ressources humaines confiées à un responsable économique (industriel ou non), quel que soit son niveau hiérarchique à l'intérieur d'une entreprise. S'occuper du social, ce n'est ni participer affectivement à la vie des familles des employées dans l'entreprise, ni se transformer en distributeur d'augmentations de primes et d'avantages divers, soit spontanément, soit sous les pression des événements ; faire du social, c'est prendre en compte le fait qu'une entreprise, quelle qu'elle soit, est constituée de femmes er d'hommes qui partagent un destin commun à la définition et à la réalisation duquel ils doivent être associés, à leur niveau de responsabilité, en fonction de leurs compétences, et non être des prestataires de services, en termes de main-d'œuvre ou de « cerveau-œuvre » suivant en tous points de vue les instructions données par d'autres. Tout individu a en lui-même trois constituants importants :
  • l'opérateur technique auquel les entreprises sont habituées depuis de nombreuses années
  • le citoyen d'entreprise, qui doit savoir où l'on va, pourquoi l'on y va, quel chemin on va emprunter pour y aller, quelles sont les distorsions entre la réalité et les espoirs et en conséquence, quelles sont les corrections à apporter
  • enfin, il y a la troisième dimension, que l'on appellera, suivant ses convictions, l'âme, la sensibilité, l'esprit, qui correspond à cette capacité intrinsèque mais mal utilisée qu'à chaque individu de réagir avec sa tête dans l'intérêt du groupe d'individus auquel il appartient, à condition d'être effectivement considéré plus  comme un citoyen dentreprise que comme un opérateur technique.
S'occuper de social à l'intérieur d'une entreprise, c'est donc modifier fondamentalement un esprit séculaire, c'est agir quotidiennement en fonction des modifications souhaitées, c'est globaliser les aspects humains et les autres précités (marketing, stratégie, technique, économique) ; Faire du social, c'est donc d'abord faire son autocritique et sa révolution personnelle et, ensuite, vivre sa vie économique de façon aujourd'hui considérée comme inhabituelle. Vous avez compris que, si j'étais là aujourd'hui pour ouvrir ce débat et si j'avais parrainé la première promotion de l'Ecole Nationale Supérieure de Génie Industriel, c'est que : - j'étais un fervent supporter du projet devenu réalité - j'avais la foi dans la capacité d'auto-stimulation et d'auto-perfectionnement des dirigeants et des professeurs qui participeront au développement des programmes de cette Ecole et qui sauront, au cours des trois prochaines années, récupérer avec l'aide efficace des Directeurs du Ministère de l'Education Nationale [...] quelques degrés supplémentaires pour que :
  • l'entrée à l'Ecole Nationale Supérieure de Génie Industriel constitue un challenge pour nos futurs dirigeants d'entreprise
  • et leur sortie, attendue avec l'impatience permanente des dirigeants actuels qui ont bien compris que, si marketing et stratégie sont deux ingrédients fondamentaux de la création et du développement des entreprises, aucun d'entre eux ne peut vraiment réussir sans différenciation et innovation techniques, l'optimisation de l'utilisation des ressources humaines et financières restant la clé d'accès à la catégorie des sociétés performantes. »
Jean Vaujany, le 25 septembre 1991

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mise à jour le 5 novembre 2010

Grenoble INP Institut d'ingénierie Univ. Grenoble Alpes